samedi 6 mai 2017

De l'Ecole

Attention, tenez vous prêts, j'ai encore écrit un post fleuve.
(Si vous n'avez pas lu le précédent - oui, j'ai écrit deux posts en trois jours, je sais c'est fou - il est ).


     L'autre jour, mon lycée était bloqué pour la deuxième journée consécutive. Le matin, les élèves s'étaient levés pour certains à 3h du matin, pour marcher jusqu'au lycée avant même le premier métro et organiser le blocus, récupérer des poubelles à mettre devant les grilles, etc.
     C'était le premier blocus de l'année. L'année dernière, il y en a eu plein au moment des manifs contre la loi El Khomri, mais cette année c'était le premier.
     Le blocus n'a pas été reconduit le lendemain (à notre grand désarroi, parce que, disons-le, les jours de blocus, nous les profs on est heureux parce qu'on ne fait pas cours mais, contrairement à un jour de grève, on est payés quand même) (Ben oui, les blocus ont rarement lieu les jours de grève : les élèves ne vont pas venir s'emmerder à bloquer le lycée s'il n'y a pas cours. Parce que l'idée derrière ce blocus, ne nous leurrons pas, c'est quand même essentiellement de ne pas bosser) (D'ailleurs, alors que plus personne n'était là pour garder les poubelles dès midi et que donc il était parfaitement possible d'accéder au lycée, les élèves ne sont étrangement pas venus en cours l'après-midi) (On les guettait, désespérés, et on maudissait les quelques pékins qui venaient quand même pour faire bonne figure, croyant nous faire plaisir - les naïfs).

Blocus, mode d'emploi :
     Le plus souvent, les élèves sont réunis devant les poubelles le matin, ils fument des clopes, chantent, papotent, tiennent jusqu'à midi puis vont manger avant de revenir ou, le plus souvent, rentrer chez eux. Ils laissent les poubelles, qui restent là jusqu'au lendemain ou sont évacuées, je ne sais pas trop par qui. 
     Pendant ce temps là, nous, on prend des cafés en salle des profs. On a une obligation de présence, sans quoi on n'est pas payés, mais on ne fait pas cours. 
     Honnêtement, tout prof qui arrive au bahut et voit des barricades remercie le ciel dans son for intérieur. Un blocus, ça veut dire une journée à papoter avec les collègues et à régler tous les trucs que tu n'as jamais le temps de régler le reste du temps : finir de corriger tes copies, rentrer tes notes sur Pronote (le site en ligne où on remplit le cahier de texte, les bulletins, etc.), régler des trucs administratifs. Tout ça au lieu de faire cours, qui reste ce qu'il y a de plus fatigant dans ce métier, parce que ça demande beaucoup d'énergie - énergie qu'on a de moins en moins à l'approche des vacances. Et puis moi, j'avais deux heures ce jour-là avec une classe qui me gonfle, donc j'étais contente que ça soit annulé.
     Une collègue : Je ne l'avoue qu'à toi parce que j'ai honte, mais j'en ai tellement marre de faire cours que l'autre jour, quand la CPE m'a dit que le lycée serait sûrement bloqué si jamais Marine Le Pen était élue, eh ben pendant un bref instant j'ai espéré qu'elle psse... Je sais. J'ai honte.


    Comment diable accède t-on à la salle des profs si le lycée est bloqué, me demanderez vous. Eh bien les élèves nous laissent rentrer, tout simplement. 
     L'ambiance est généralement bonne. Ils sont contents, on est contents, ils nous accueillent juchés sur leurs poubelles, ils nous distribuent des tracts, ils nous racontent fièrement tout le mal qu'ils se sont donné pour tout organiser. Certains viennent nous voir, inquiets, pour nous demander s'ils vont être notés absents et si on fait cours à ceux qui arrivent à rentrer : on leur explique qu'on les note absents parce qu'on est obligés (en faisant l'appel, on indique que nous on était là, et on se protège, parce qu'à moins d'avoir noté un élève absent on est responsable de lui devant la loi pendant toute l'heure où il devait être en cours avec nous) mais que leur absence sera justifiée d'office par la vie scolaire parce qu'il y avait blocus.

Pourquoi font-ils blocus ? 
     Cette fois-ci, non pas pour s'opposer à une loi ou une réforme quelconque mais pour défendre le lycée lui-même. Notre lycée. Même si bien sûr, il va sans dire que ce qui compte surtout pour eux, comme je le disais, c'est de ne pas avoir cours (ils étaient dix à tout casser à venir crier sous les fenêtres du rectorat avec les profs après le blocus, comme quoi ce n'est pas l'intérêt pour la cause qui les étouffe).  
     Ce qui m'amène à la vraie question : pourquoi nous, les profs de mon lycée, sommes nous allés gueuler sous les fenêtres du rectorat hier soir, armés de cuillères en bois, de casseroles, de boîtes de conserve creuses, de cloches et de sifflets pour faire un maximum de bruits, et de 16 à 19h ? Eh bien parce que - je vous le donne en mille - je suis sûre que vous ne vous y attendez pas du tout, dis donc - l'Education Nationale va mal. 
     Pour être plus précis et parler de la situation de mon lycée en particulier : parce que l'année prochaine, on nous demande - surprise surprise - de faire cours à plus d'élèves que cette année, mais avec moins d'heures.


La DHG
     Il manque 15h à la DHG (Dotation Horaire Globale) que le rectorat nous donne pour l'année prochaine. La DHG, c'est l'ensemble des heures attribuées au lycée pour l'année, que celui-ci distribue entre les heures de cours obligatoires, les options, et éventuellement les heures de soutien. 
     Quasiment tous les ans depuis que je suis prof, le CA vote contre la DHG. (Le CA, c'est le conseil d'administration de l'établissement, constitué de profs, de représentants des élèves, de représentants des parents d'élèves et de membres de l'administration du lycée - proviseur, proviseur adjoint, intendant, etc. - qui se réunit régulièrement pendant l'année pour parler de tout ce qui concerne le lycée/collège et voter des décisions). La DHG est en effet généralement insuffisante, et il faut aller voir le rectorat pour demander plus d'heures, parce qu'ils nous donnent toujours le strict minimum, voire moins que l'année précédente, alors que les effectifs augmentent.
     Quel est le résultat ?
- Les options sont en danger. Pourquoi ? Parce que si on n'a pas assez d'heures pour assurer les heures de cours obligatoires ET les options, ben forcément les options sautent, et les postes de nos collègues qui les assurent avec.
- Les cours en demi-groupe sont en danger aussi. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, quand on a une classe à 30 élèves - voire 35 - on la sépare en demi-groupe une fois par semaine en langues et dans d'autres matières, comme en SVT ou en EMC (Enseignement Moral et Civique). Sauf que si un élève de 2nde a trois heures d'anglais obligatoires par semaine et qu'on sépare la classe en demi-groupe toutes les semaines, ça fait que le rectorat doit payer 4h de cours au professeur (2 heures en classe entière + 2 heures en demi-groupe), ce qui coûte cher. Si on manque d'heures dans la DHG, donc, et qu'on doit rogner des heures quelque part, les heures en demi-groupe sont en première ligne avec les options.
-  Les classes sont de plus en plus surchargées, vu qu'il est évident que le rectorat n'acceptera jamais d'ouvrir de nouvelles classes, parce que ça coûte de l'argent. Comme on a plus d'élèves que l'année dernière avec moins d'heures, on va forcément devoir tous les caser dans les classes existantes. Jusqu'ici, on avait soit des classes à 24 non dédoublées (donc sans demi-groupe) soit des classes à 30 (voire, comme je le disais, 35) dédoublées une fois par semaine. Or, vu le train où vont les choses, on risque d'avoir bientôt des classes à 30 non dédoublées pour tout le monde. Problème : les classes à 30, c'est souvent dur à tenir. Pas toujours, mais souvent. Mais le plus gros problème cette année c'est qu'en faisant notre DHG, le rectorat a décidé que l'année prochaine nos classes de STMG ne seraient plus des classes de 24 comme cette année, mais des classes de 30 élèves. Notre réaction :


Mais nous y reviendrons. Plutôt que de nous concentrer sur les STMG et les classes surchargées, parlons d'abord des politiques des divers gouvernements visant à faire des économies sur le dos de l'Education Nationale et du nivellement par le bas qui en résulte.

Le nivellement par le bas
     Je vous parlais déjà, quand j'étais prof de collège, du fait que le redoublement n'existait plus. En effet, vu que soit disant le redoublement ne sert à rien (et surtout coûte cher), on fait passer quasiment tout le monde dans la classe supérieure (sauf cas exceptionnel ou demande explicite des parents) depuis plusieurs années déjà. Le résultat : on se retrouve en 5ème avec plein d'élèves qui n'ont pas acquis ce qu'ils ont fait en 6ème, puis en 4ème avec des élèves qui n'ont pas acquis ce qu'il ont fait en 5ème, etc, etc. Bref, année après année, parce que le niveau des élèves de chaque classe baisse et qu'il faut s'adapter à eux, le niveau général de ce qu'on enseigne à l'école ne cesse de baisser. 
     Une des raisons pour lesquelles je souhaitais depuis longtemps être prof en lycée, c'est que je pensais qu'il restait une sélection en fin 3ème qui faisait que les élèves les moins scolaires et/ou les plus difficiles à gérer ne viendraient pas en 2nde générale (car pourquoi diable voudraient-ils venir en 2nde générale s'ils ont la possibilité de ne pas le faire, parce qu'ils détestent l'école et ne seront bientôt plus obligés d'y aller ?). Or il s'est vite avéré que non. Croyez moi, quasiment n'importe quel gamin peut passer en 2nde générale, même avec des bulletins de 3ème absolument lamentables. Et - aussi étrange que cela puisse paraître - c'est ce qu'ils demandent.
     Quand j'ai assisté à mes derniers conseils de classe de 3ème en collège alors que je savais déjà que j'étais mutée en lycée, je peux vous assurer que j'ai compris tout de suite que le lycée n'allait pas être l'eldorado que j'avais imaginé. Et ça se confirme : cette année, en 2nde, j'ai une classe dont la majorité n'a pas acquis les bases de 6ème en anglais. Et non, je vous jure que je n'exagère pas : beaucoup ne maîtrisent ni les pronoms personnels, ni le verbe être et le verbe avoir, ni le présent simple et le présent en -ing, et ne connaissent pas le vocabulaire de base. L'année dernière, dans le même ordre d'idée, j'avais plusieurs élèves de 2nde qui ne savaient pas dire si un mot était un nom, un verbe ou un adjectif. (Oui je sais ça semble inimaginable mais croyez moi, je n'invente rien, j'ai dû leur expliquer que s'il y avait un article avant un mot c'était un nom et que si c'était un mot qui indiquait une action, alors c'était un verbe). 
     Le problème, donc, c'est qu'au lycée comme au collège, le niveau baisse du fait de l'absence de redoublement. Depuis l'année dernière, ça y est, le redoublement n'existe officiellement plus en 2nde. Enfin si - un élève peut toujours redoubler si ses parents en font la demande - mais depuis l'année dernière la case "redoublement" n'existe plus dans la partie où, au conseil de classe, on coche ce qu'on conseille à l'élève pour l'année suivante.
     Comme on ne peut plus conseiller le redoublement, du coup, on explique aux élèves en échec flagrant (qui parfois pourtant demandent S) qu'on leur conseille la voie professionnelle. Seul hic : la voie professionnelle est très mal vue et les enfants comme les familles s'y opposent de façon quasi systématique. Or, on n'a plus le droit d'imposer la voie professionnelle à un élève. Même s'il a dépassé les 16 ans, qu'il ne bosse pas et qu'on n'est plus obligés de le garder à l'école. Si sa famille veut qu'il passe en 1ère, alors il passera en 1ère. Tout ce qu'on peut faire, c'est lui refuser la L, la ES et la S et l'envoyer en série technologique, même si on pense que ce n'est pas pour lui.
     Pourquoi c'est un problème ? Parce que du coup, on se retrouve avec des dizaines de STMG.

Les STMG
     Je m'explique. Dans mon lycée, on n'a qu'une seule filière technologique : la filière STMG. Filière à priori intéressante, qui pourrait être une filière tout à fait digne de ce nom avec de bons élèves et un bac pas forcément au rabais. Malheureusement, dans les faits, ne nous voilons pas la face, nos STMG sont ce qu'on appelle des "classes poubelles". Parce que dès la 2nde, les élèves qui n'aiment pas travailler savent très bien qu'ils passeront en STMG sans rien faire, et nous le font savoir. La grande majorité des élèves qui demandent à faire STMG n'ont d'ailleurs pas la moindre idée de ce que c'est vraiment, ils savent juste que c'est le moyen de rester au lycée avec les copains pendant encore deux ans et de passer le bac comme tout le monde.
     Le but du gouvernement, c'est de faire en sorte que tout le monde ait le bac. Du coup, en faisant passer tout le monde dans la classe supérieure dès la sixième, en gardant tout le monde jusqu'au bac et en le donnant à la fin à tout le monde (car oui, le bac est donné, mais nous y reviendrons), on peut ensuite dire que tout le monde a le bac et que du coup l'école française est une réussite. (D'ailleurs dans mon lycée on a quasiment 99% de réussite au bac STMG, c'est dire s'il y a de quoi s'imaginer que nos STMG sont excellents). Sauf que la vérité est tout autre... 


     Nos classes de STMG sont des horreurs. Aucun prof ne les veut (quand on fait la répartition des classes en fin d'année, je peux vous assurer que personne ne demande jamais à avoir une STMG), mais on se les répartit et on les fait tourner pour que personne ne se les tape plus que les autres, parce qu'ont doit tous partager ce fardeau de façon équitable. Ma première année au lycée, j'ai eu une terminale STMG qui m'a tellement pourri la vie que j'ai un jour fini en larmes en salle des profs. Du coup, cette année, on m'a autorisée à passer mon tour parce que j'avais fait ma BA, mais l'année prochaine je ne vais pas y échapper.
     Pour que ce soit moins pénible de faire cours à des STMG, une des solutions est éventuellement de demander à être leur professeur principal, parce qu'ils respectent un peu plus leurs profs principaux, mais comme ça implique de gérer tous les problèmes de discipline qu'ils posent en général, c'est un faux bon plan.
     Pourquoi c'est aussi dur de faire cours aux STMG ? Parce que c'est là que se réunissent tous les chieurs, tous les élèves qui n'aiment pas bosser et préfèrent balancer des boulettes de papier en cours, pousser des cris d'animaux et que sais-je encore. (Oui, les Terminale STMG lancent des boulettes et poussent des cris d'animaux). Tous les élèves difficiles qui restaient à peu près gérables en 2nde parce qu'ils étaient souvent en minorité se retrouvent tout à coup réunis. Résultat : ils s'encouragent les uns les autres à faire n'importe quoi, et c'est la jungle. Je ne dis pas que dans le tas il n'y a pas des élèves studieux, mais malheureusement ils sont souvent en minorité, beaucoup plus effacés que les autres, et du coup subissent, dépités. Vous me direz que des gamins qui pourrissent les cours et empêchent tout le monde de travailler devraient être virés, un point c'est tout, et vous aurez bien raison, mais malheureusement les choses ne sont pas si simples, mes petits agneaux. Nous avons les mains liés. (Je vous parlerai de la vie scolaire défaillante plus tard, y a de quoi faire un post entier).


 Les classes de STMG à 30 élèves.
     Le résultat de la suppression du redoublement sans demande explicite et du passage en filière technologique automatique si la famille refuse la voie pro, ça fait aussi qu'il y a de plus en plus d'élèves qui se retrouvent à faire STMG. 
     Quand je suis arrivée au lycée l'année dernière, il n'y avait que deux classes de STMG au lycée (deux 1ère, deux Terminale), et c'était des classes à 24 élèves uniquement, Dieu soit loué. Sauf qu'une fois passé le décret sur le redoublement, vu le nombre de nouveaux STMG, on a dû créer une nouvelle classe (qui a remplacé une 1ère L). On a donc eu cette année deux Terminale STMG, mais trois 1ère. Et l'année prochaine, on aura trois Terminale, et toujours trois 1ère, sauf que comme les effectifs en STMG ne cessent d'augmenter et qu'il est hors de question d'ouvrir encore une classe (ça coûte cher), le rectorat veut faire passer nos 1ère STMG à 30 élèves. D'où le lever de bouclier au rectorat hier, entre autres, parce qu'autant vous dire que des classes de STMG à 30, ça veut dire des profs susceptibles de se mettre en arrêt maladie plus ou moins longtemps pour burn out, et donc c'est à priori contre-productif.
     Emile : Ah non mais moi en STMG ça fait des semaines que j'ai renoncé à faire cours. C'est horrible : j'ai l'impression d'être violée (elle mime une sorte de Christ catatonique, raide sur sa chaise, les bras en croix, les eux fermés, pris de soubresauts comme un mec sur la chaise électrique) (une bonne illustration du prof de STMG, si vous me demandez). Je serre les dents, je regarde le plafond, j'attends que ça passe. J'essaye juste de survivre.


     (Et quand je dis que c'est "contre-productif", c'est pour ne pas soulever l'aspect dangereux de la chose, parce qu'avant tout, des classes de STMG à 30 élèves, ça peut entraîner des morts).     
     Une collègue : Les gens disent que des vacances toutes les six à huit semaines c'est trop, mais ils se rendent pas compte : ils comprennent pas que si on devait faire cours plus longtemps les mômes on les tuerait. Y aurait des morts.

     L'autre problème, c'est aussi que pour ne pas que toutes nos classes deviennent des STMG, on laisse passer en L, ES et S des élèves qui en réalité n'ont pas le niveau et du coup rament en 1ère et Terminale, ce qui n'est pas la panacée non plus.

Conclusion (je crois) (mais je suis comme vous, j'ai un peu perdu le fil)
     Mon discours là dessus reste donc toujours le même, un discours qui m'a valu d'être traitée de réac par certains mais qu'à cela ne tienne : à vouloir garder tout le monde à l'école sous prétexte de faire réussir tout le monde, on fait échouer tout le monde, parce que le niveau baisse, les conditions de travail deviennent très difficiles, et il est évident que faire réussir trente élèves quand il y a en dix qui refusent de travailler et perturbent les cours, c'est moins facile que de faire réussir vingt élèves motivés.
     Si on veut vraiment faire réussir tout le monde, alors il faut plus de profs, des classes moins surchargées, et rétablir le redoublement, parce que l'annuler c'est condamner beaucoup d'élèves à l'échec à répétition, année après année, parce qu'un élève largué en 6ème ne le sera pas moins en 5ème. Et si on ne fait pas ça parce que ça coûte trop cher, il faut trouver un autre système et permettre aux écoles d'imposer la voie pro quand vraiment un élève n'est pas fait pour l'enseignement général.
     Je sais que ce sont des mômes et qu'ils n'ont aucune envie de réfléchir à leur avenir et qu'ils ne sauraient pas quelle filière choisir et qu'ils n'auraient probablement pas celle qu'ils veulent de toute façon s''ils ont de mauvais résultats, je sais que pour eux c'est la honte d'aller en pro (et que souvent leurs parents verraient ça comme un échec), mais le système actuel ne peut pas fonctionner. Pour certains, c'est comme s'ils avaient un chèque en blanc : ils savent qu'ils ne redoubleront pas et qu'ils ne seront pas virés (ils ne le sont jamais), et du coup ils se permettent tout (de ne rien faire, de se comporter super mal), et ce n'est pas leur rendre service que de tout leur passer au nom de "la réussite pour tous". D'autres sont parfaitement bien élevés mais sont largués année après année, et toutes ces années à se sentir nul ne sont pas bénéfiques, donc il faut trouver autre chose. Y a un moment où leur rendre service, c'est aussi leur mettre un gros coup de pied au cul, même si c'est des ados.
     Il faut trouver quelque chose. Parce que là, ça ne fonctionne pas. C'est branlant. Les classes sont trop hétérogènes, trop d'élèves se retrouvent au lycée sans maîtriser les bases, c'est impossible pour un enseignant de gérer 30 élèves avec des niveaux aussi différents. C'est juste impossible. Et il y a trop d'élèves qui ne font rien, qui font chier tout le monde et à qui on passe tout, ça me rend ouf. Moi j'ai signé pour enseigner l'anglais, pas pour me faire malmener. Je déteste le côté discipline de mon métier. Je déteste l'agressivité des gamins difficiles. Ca m'épuise les nerfs. Ca me fait vieillir prématurément.

     Le tableau que je dresse est noir, laissez moi donc quand même signaler que sur mes sept classes cette année (je n'ai pas de STMG), je n'en ai que deux qui me posent réellement problème car ce sont des classes où le niveau est très faible et où -malheureusement ça va souvent ensemble- les élèves ont super mauvais esprit, mais sur mes 175 élèves, il y en a finalement une minorité (disons vingt) qui me font vraiment chier. C'est à dire qui font les cons en cours, bavardent, ne notent pas les leçons, prennent la parole à tout bout de champ pour interrompre le cours avec des trucs qui n'ont rien à voir et se faire remarquer, me répondent quand je leur demande de se taire, me disent que je leur casse les couilles et qu'il ne feront pas mes heures de colle quand je finis par les coller, racontent à leur parents que je les punis alors qu'ils n'ont rien fait parce que je les ai dans le nez, hurlent à l'injustice pour un oui ou pour un non, bref sont en échec, essayent de briller devant les autres en faisant les cons, et préfèrent me tenir pour responsable de leurs mauvais résultats plutôt que de se confronter au problème. Histoire vieille comme le monde. Je dirais que j'en ai environ 20 sur 175. C'est à la fois énorme et négligeable, ça dépend comment on se place.
     Les 155 restants - c'est une estimation - sont charmants, voire parfois tout bonnement adorables, même s'ils ne sont pas tous très bons en anglais, et j'ai cinq classes que j'aime vraiment bien et à qui je fais cours avec plaisir, même si bien sûr - ne nous leurrons pas - je préfèrerais, à choisir, mater des épisodes de Homeland chez moi en pyjama. L'idée n'est donc pas de dresser un tableau apocalyptique de l'école où j'enseigne, mais de souligner les problèmes. (Et l'un des problèmes majeurs, c'est que malheureusement il suffit parfois d'un seul élève chiant dans la journée pour que tu rentres chez toi en ayant l'impression d'être passé sous un bus) (Faut dire que je suis particulièrement sensible, aussi) (Je ne dois pas être faite pour ce métier).
     De toute façon, c'est bien connu, les profs aiment se plaindre, et je ne voudrais pas déroger à la règle. Et comme je suis partie pour me plaindre, parlons un peu correction de copies.

Les copies (eh ouais en fait c'est pas fini finalement) (quand y en a plus y en a encore) (comme les copies, justement) (mise en abyme de ouf) (t'as vu)
      Là j'ai évoqué mes 7 classes donc c'est le moment où je place un mot sur ma charge de travail.
     Oui, le lycée c'est vachement plus cool que le collège, et j'adore faire cours sur des extraits de romans et de films et sur des articles que j'ai moi même choisis, j'aime parler de sujets de société et avoir de vraies conversations avec des élèves qui sont capables de faire des phrases et de réellement exprimer des idées autres que "I don't like maths because it is difficult" ; par contre je travaille tout le temps. C'est aussi pour ça que depuis deux ans je n'ai quasiment pas écrit : je travaille tout le temps. Parce que 1) mes cours ne sont toujours pas prêts, donc j'y passe un temps fou, et 2) 175 élèves, ça fait des centaines de copies à corriger tous les mois, dont des expressions écrites en anglais - car, contrairement aux collégiens, les lycéens rédigent de longues expressions écrites en anglais - que je mets en moyenne 10 à 15 minutes à corriger chacune. Je vous laisse faire le calcul et vous comprendrez que même en ne faisant qu'un gros contrôle par mois et par classe, je n'ai jamais jamais jamais fini de corriger mes copies : dès que les 175 premières sont enfin finies, il est temps de s'attaquer aux 175 nouvelles.


     Ma hantise cette année c'est donc surtout ça : les copies (ça et les élèves relous, cela va sans dire). C'est le mythe de Sisyphe. Quand y en a plus, y en a encore. C'est jamais fini. Mais j'ai décidé de me ménager et d'en donner moins l'an prochain parce que cette année je n'avais plus de vie, j'ai cru que j'allais crever. Pour ceux qui ont les nerfs qu'on ait autant de vacances, souvenez vous que les profs donnent toujours les contrôles avant les vacances. Pourquoi ? Parce qu'il leur faut bien deux semaines pour les corriger. En effet, 175 expressions écrites, à raison d'un quart d'heure par copie, ça fait quand même ses petites 44h de correction.


     Mais bon, heureusement ça n'est pas que pénible parce qu'il y a quand même moyen de se marrer, notamment quand les élèves utilisent Google Traduction pour faire leur devoirs maison.
Extrait de devoir maison de 2nde :
"I explode in tears and run at top speed. I the suplli to stay with me. When I return to the lounge, I see him making his affairs. Furious, I preds the meat and striked him in the crane with. He dead. (...) I call the police. They arrived and see Patrick has earth. I explain them a lie and they believe in me. I feel any re-bites. It didn't have to leave me as a chaussette" 
J'ai tout particulièrement aimé "I the suplli"( = Je le supplie), "Patrick has earth" ( = Patrick à terre) et, mes préférés ex-aequo, "I have any re-bites" ( = Je n'ai pas de re-mords) et "it didn't have to leave me as a chaussette" (il avait qu'à pas me quitter comme une chaussette). 
C'est beau. 

     Après la correction, ensuite, ce qui est pénible, c'est la remise des copies. Quand ils acceptent leurs mauvaises notes sans broncher, ça va. Le problème, c'est que parfois ce n'est pas le cas.
     Pourquoi on rend les copies toujours en fin d'heure ? Parce qu'on sait que quand on les rend en début d'heure on perd un quart d'heure de cours parce que les élèves gueulent et contestent leurs notes. Ils refusent de comprendre que non, avoir passé une heure chez soi à noircir une page entière ne suffit pas à avoir une bonne note s'il n'y a pas une seule phrase correctement construite dedans.
     Ils ont donc tendance à dire que c'est toi qui es méchante, qui es trop sévère, qui leur mets des mauvaises notes parce que tu les aimes pas. C'est fou comme les élèves prennent les notes personnellement : j'ai beau leur expliquer qu'il ne faut ni m'en vouloir quand la note est mauvaise ni me remercier quand elle est bonne, ça ne rentre pas.
     Le pire, cela dit, c'est quand les parents te reprochent les résultats de leurs enfants. A la réunion parents-profs l'autre jour, une mère a reproché à Suzie de saquer son fils par racisme ("Il a 6 de moyenne parce qu'il s'appelle Salim c'est ça ?) avant de lui dire qu'elle avait "des obligations de résultats" et que si son fils était en échec, c'était qu'elle faisait mal son travail. A quoi Suzie s'est retenue de dire que si elle avait l'obligation de faire réussir Salim, alors elle aimait autant démissionner tout de suite.
     Les parents qui viennent te dire que t'as une "obligation de résultat". Non mais sérieusement.


Dans le prochain épisode
     Dans un prochain post, je vous apprendrai que les profs sont parfois (souvent ?) montrés du doigt et tenus pour responsables de tout ce qui se passe mal à l'école (ça vous le savez) par les élèves et les parents (ça vous le savez aussi) mais aussi parfois (et, dans mon établissement du moins, tristement souvent) par les membres de la vie scolaire, ceux qui sont censés être là pour les épauler. Ce sera le post où je bitche sur la CPE (conseillère principale d'éducation), et putain ça me fera du bien.
     Dans ce post, je vous expliquerai aussi pourquoi je dis que de nos jours on donne le bac à tout le monde ou presque, et pourquoi tous les débuts d'années au lycée c'est la maison des fous.
     Je vous dirai aussi pourquoi j'aime beaucoup mes collègues, parce que ça c'est indéniable : dans mon lycée, les profs sont sympas.
     D'ici là, je vous confie de trouver pour moi un pseudo pour la vilaine CPE, parce que comme vous avez pu le constater, mon imagination pour les pseudos s'est comme atrophiée, et puis merci de m'aider aussi à trouver comment illustrer mon propos, parce qu'en tapant "grosse bitch machiavélique va mourir" sur Google (je n'aime pas trop ma CPE, donc, comme je vous le disais), je n'ai pas trouvé d'image qui me plaise.
     Sur ce je vous laisse, j'ai des copies à corriger. Sob.




vendredi 5 mai 2017

Happily ever after

Commençons par un petit comic strip de Sarah Andersen :
(Sarah Andersen, c'est trop bien. Vous devez tous tous tous découvrir parce que c'est trop bien).


L'autre jour, j'échangeais des textos avec Junior pour savoir où et quand on se retrouvait pour aller boire des coups, enfin, après tous ces mois sans se voir. Je lui ai proposé qu'on se retrouve au bar en bas de chez moi, en précisant que comme ça, mon mec pourrait nous rejoindre. 
Junior : Garde nous du temps pour nous deux, que tu me racontes comment tu es devenue une femme mariée.
Car oui, comme vous, Junior n'a pas eu de nouvelles depuis fort longtemps.

Or, aujourd'hui, mon 'conjoint' (huhu) est au taf et moi j'ai pas cours, je peux donc écrire en secret pour vous raconter comment moi, Bayane, grande célibataire ésseulée devant l'Eternel, je partage désormais ma vie, mon loyer, mon dentifrice et mon abonnement Netflix (enfin, le sien) avec l'homme idéal. (Qui existe) (Oui) (Sauf qu'il est à moi, maintenant, les meufs. Désolée).
C'est un peu comme l'épisode final de How I Met Your Mother : la quête est terminée, j'ai trouvé The One, blablabla. Il s'appelle Tom-Tom et c'est le plus beau, le plus fort, et le plus intelligent. Voilà.


Emile (qui s'appelle Emilie, donc) (Oui, vous avez vu je suis devenue un peu nulle pour les pseudos) (Emile est une de mes nouvelles grandes amies) (Ben oui y a plein de nouveaux personnages maintenant) (Emile et Suzie (Suzanne de son prénom) (nulle en pseudos, je vous dis) sont les potes que je vois le plus en ce moment, ce qui est assez normal vu que ce sont mes collègues, et, de surcroît, quasiment mes voisines. Si je me remets à écrire comme il se doit, donc, vous en entendrez parler). Mais reprenons :
Emile : Rhooo, le petit Tom-Tom. Tu sais qu'il est hyper important pour moi Thomas en ce moment ? Non mais vraiment. Quand je désespère et que je me dis que tous les mecs sont des enfoirés et que j'y arriverai jamais, je pense à vous, et je me dis qu'il y a des mecs comme lui, et qu'un couple qui marche c'est possible, et ça me fait du bien.
Eh beh. Vous vous rendez compte ? Qui aurait cru qu'un jour ma vie amoureuse serait un idéal pour qui que ce soit ? On en était loin, dites. Et pourtant : je suis comblée, il est parfait, je n'ai aucune insatisfaction quelle qu'elle soit, je suis moi-même ébahie devant la perfection de ma vie amoureuse actuelle. Et ça fait presque un an que ça dure.
Le seul problème, forcément, c'est que ça fait moins de trucs à raconter. 

Et puis il y a aussi que, alors que c'était facile de raconter mes histoires foireuses avec des mecs avec qui je n'avais rien construit, il me vient moins facilement de livrer sur internet ma vie privée avec l'être aimé. (Et puis il faudrait quand même que j'arrête de raconter ma vie alors que d'autres blogueuses plus reconnues abordent, elles, des sujets vraiment sérieux comme le danger de la montée du FN dans les sondages ou encore la grande aventure des toilettes de restaurant).
Je n'en parlerai peut-être pas des masses, donc (de ma vie amoureuse) (mais je pense du FN et des toilettes de restaurant non plus, cela dit), ou du moins pas dans le détail.
Enfin ça c'est si je recommence à écrire, vous allez me dire, parce que j'avoue que depuis que je suis prof en lycée, le blog se meurt. Mais c'est que je travaille beaucoup beaucoup beaucoup, et que du coup quand j'ai du temps libre je le consacre plus volontiers à faire le gros loukoum devant une série ou devant Candy Crush (oui, ma vie privée est passionnante) qu'à écrire, parce que pour écrire faut réfléchir et bouger les doigts, tout ça, donc c'est fatigant, et puis il y a depuis un an un homme à mes côtés et jusqu'à hier soir, il ignorait l'existence de ce blog. (D'ailleurs je le lui ai annoncé un peu difficilement, comme si je lui avouais un truc super intime et confidentiel, et il a ri : "C'est ça ton gros secret ? Hahaha. Ah ben ok. Cool. Mais tu peux écrire quand je suis là, hein. Et si tu veux pas que je lise je lis pas, c'est pas grave") (Oui parce que le problème c'est que je ne suis pas encore prête à ce qu'il le lise - ce qui est un peu con vous allez me dire (je dis beaucoup "vous allez me dire", non ?) (Et je fais beaucoup de parenthèses dans les parenthèses, aussi, j'ai remarqué), vu qu'il est actuellement la personne la plus proche de moi et que tous mes potes me lisent. Mais je sais pas, je fais un petit blocage là dessus.
Je suis un peu comme cette nana qui tenait un blog quand j'ai commencé à écrire, un blog qui s'appelait Chabadabada : elle a arrêté très peu de temps après que son mec a découvert qu'elle écrivait sur internet. C'est dommage, j'aimais bien son blog, mais bon voilà, elle a arrêté, mais faut dire aussi que c'était un peu un blog comme le mien au départ sur ses histoires de lose amoureuse (un puits d'histoires sans fond), et qu'une fois qu'on a trouvé l'amour, ben y a quand même vachement moins de trucs à raconter (c'est d'ailleurs pour ça que, dans les films et les livres, les love stories s'arrêtent toujours au moment où ça commence à tourner bien, hein : après on se ferait chier). Pas que je me fasse chier à me faire des bonnes bouffes et à mater des films et des séries au lit en pyjama avec Tom-Tom et Nala, entendons nous bien - j'adore notre routine - mais bon y a moins matière à passionner le lecteur, vous en conviendrez. Même si bien sûr, on vit des moments intenses quand même :



Enfin bref, pour résumer : je suis heureuse. Et je vous promets que je ne ferai jamais comme toutes ces nanas qui sont en couple et qui du coup se sentent supérieures à toi comme si elles avaient compris un truc qui t'échappait et te font la leçon sur comment s'y prendre avec les hommes, parce qu'honnêtement je n'ai aucun mérite, ce mec merveilleux m'est tombé dessus sans crier gare, j'ai juste eu le plus gros coup de bol de ma vie, d'autant que j'ai failli le laisser filer comme une connasse (mais comme c'est l'homme idéal et qu'il m'aime vraiment, il a attendu que je me décide). 


C'était un peu comme dans un film (allez je vous raconte un peu quand même), parce qu'il devait partir vivre aux Etats-Unis pour cinq ans, tout était organisé et tout, son contrat signé, sa coloc' trouvée, et puis finalement on s'est mis ensemble (on se connaissait déjà depuis cinq mois mais moi j'étais amoureuse de quelqu'un d'autre comme une grosse cruchasse) et j'ai envisagé de prendre un mi-temps annualisé pour aller vivre avec lui six mois de l'année, et on était ensemble depuis deux semaines seulement quand il a commencé à envisager d'accepter un poste à Lisbonne ou peut-être à Londres pour être moins loin de moi (rhoooo) (je me suis sentie un peu comme Kristen Bell quand son mec lui offre un paresseux), puis il a prévu de partir mais de revenir dans moins d'un an à Paris parce qu'apparemment il y avait moyen de trouver un truc à Paris, et finalement il n'est pas parti du tout et on a emménagé ensemble. C'était un des plus beaux jours de ma vie : c'était un mois avant son départ, j'avais de plus en plus les boules, on était sur une péniche à Paris pour le mariage de son directeur de thèse et ami (et actuel patron), on venait d'ouvrir le champagne, on a trinqué, et là son directeur de thèse a dit : "Ah oui et au fait : tu ne pars plus du tout !"


Comme quoi des fois, la vie, elle est quand même sympa.
Donc voilà. C'est la belle vie. Et pour insister sur tout ce bonheur généralisé :
- BB et Pollyana sont toujours aussi heureuses ensemble, et en plus ces putes (que j'aime d'amour) vivent actuellement le grand amour à Tahiti (oui) (BB a été mutée deux ans) où elles vivent dans une maison avec piscine au bord de la mer et font de la plongée tout le temps (Tom-Tom et moi on y va à la Toussaint !!). Aux dernières nouvelles, elles passaient beaucoup de temps, lascives, à traîner toutes mouillées en maillot de bain dans le jardin pour tenter de convaincre leur beau jardinier tahitien de leur faire un enfant mais ça marchait moyen (allez comprendre). Affaire à suivre.
- Marilyn et son amoureux vivent toujours le grand amour. 
- Fleur et son mec vivent toujours ensemble et se sont mariés l'été dernier.
- Gigi et son mec ont emménagé ensemble et il vient de la demander en mariage. 
Elle est pas belle, la vie ? 
Bon, les mecs actuels d'Emile et Suzie résistent encore pas mal au grand amour, mais elles y travaillent.


Ensuite rassurez vous, j'en chie au boulot donc j'ai matière à bitcher indéfiniment sur tout ce qui foire à l'école en ce moment et sur ma CPE qui est une #*@(&"ètç%&'3é!, et plein d'anecdotes sur les élèves, donc j'ai de quoi écrire des posts à rallonge comme j'en ai le secret (n'est ce pas que vous êtes contents ?).